En Suisse, la consommation de drogue par voie intraveineuse est surtout répandue parmi les personnes dépendantes d’opioïdes: parmi ces dernières, 13,1% des femmes et 15,6% des hommes qui ont commencé une consultation ou une thérapie en 2024 ont indiqué s’être injecté de la drogue au cours des douze derniers mois.
Parmi les personnes dépendantes principalement à la cocaïne, les femmes étaient 9,4% et les hommes 7,7% à déclarer avoir consommé de la drogue par injection au cours des douze mois précédents. En revanche, les personnes principalement dépendantes à l’alcool ou au cannabis sont peu nombreuses à déclarer une telle consommation.
Cet indicateur fait partie du système de monitorage Addiction et MNT (MonAM) de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).
Les personnes qui consomment de la drogue à des fins non médicales, par voie intraveneuse, courent un risque accru de contracter le VIH, l’hépatite B ou C, la tuberculose ou une endocardite. Par ailleurs, les décès dus à une surdose sont plus fréquents que lorsque les drogues sont prises par une autre voie. La consommation de drogue par voie intraveneuse concerne principalement les opioïdes, dans une moindre mesure la cocaïne et les amphétamines.
On ne dispose pas de données sur la prévalence de ce type de comportement. Pour mieux cerner le profil de cette population particulièrement vulnérable, on a recouru aux résultats d’une enquête réalisée auprès de patients commençant un traitement ambulatoire ou stationnaire, dont une question portait sur une éventuelle consommation de drogue par voie intraveneuse au cours des douze mois précédents. Le pourcentage des personnes qui s’injectent de la drogue rend compte de la taille de ce groupe à haut risque.
Cet indicateur s’inscrit dans le cadre des objectifs stratégiques de « prévention et détection précoce », ainsi que de « réduction des risques et des dommages » de la Stratégie nationale Addictions.
L’indicateur montre la part des personnes ayant indiqué avoir consommé de la drogue par voie intraveneuse au cours des 12 mois précédant le début des consultations ou d'une thérapie contre une dépendance (ou des 6 mois précédents dans les relevés jusqu’en 2012). Au début des consultations ou de cette thérapie, les clients sont répartis en quatre groupes de substances principales (opioïdes, cocaïne, cannabis, alcool). La nature de la substance injectée n'est pas indiquée.
L’indicateur est produit dans le cadre du réseau de monitorage act-info (addiction, care and therapy information). act-info recueille des informations sur la clientèle des services ambulatoires et résidentiels traitant les problèmes liés à la consommation de substances psychoactives légales et illégales, ainsi que les addictions comportementales.
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16.03.2026
OFSP & Obsan (2026). Consommation de drogue par voie intraveineuse (indicateur MonAM). https://ind.obsan.admin.ch/fr/indicator/monam/_351